Calculer son seuil de rentabilité

Le seuil de rentabilité est un indicateur incontournable pour toute entreprise car il permet de vérifier la faisabilité et la viabilité du projet. Dès que les ventes dépasseront le montant du seuil de rentabilité, l’entreprise commencera à dégager des bénéfices. Il s’agit donc du niveau d’activité qui permet, grâce à la marge réalisée d’avoir les moyens de payer toutes les autres charges de l’exercice, c’est-à-dire les charges fixes.

Voici donc 3 conseils judicieux, donné par Marc Billand consultant et coordinateur du pôle création d’entreprise de la BGE,  pour calculer au mieux votre seuil de rentabilité :
1er conseil : Inclure dans ses prix le temps travaillé mais caché

En général, ce qui est facturé aux clients ne comprend pas tout le temps travaillé en amont comme la prospection commerciale, le suivi des actions commerciales, les rendez-vous en face à face, les réponses aux mails. « Bien sûr, il est hors de question que le client paie tout ce temps passé. Il aura raison car il aura surtout l’impression d’être, à ce moment-là, une vache à lait qui paie pour les autres. C’est à l’entrepreneur d’inclure déjà toutes ces données dites non facturables dans ses prix en les calculant en amont et de les lisser pour les inclure dans ses prestations», explique Marc Billand.

Il conseille souvent aux porteurs de projets d’identifier tous les éléments qui “accaparent” ce temps. Pour proposer un tarif, il faut calculer sur l’année les heures de travail dites facturables et évaluer, entre autres les charges fixes comme le loyer, les frais de déplacements, téléphoniques, les coûts des assurances… Ainsi, par exemple, pour 10 heures facturées aux clients, la somme finale inclura les 30 heures du temps de travail en amont. Une rémunération au plus juste du temps réellement investi pour l’entrepreneur, même si celui-ci n’est pas visible.

2ème conseil : Budgétiser tous les coûts annexes

Pour une offre de service ou de produits, le prix de revient ne doit pas être sous-évalué dans le calcul de ses marges. « L’entrepreneur doit prendre en compte tous les éléments qui lui permettront de calculer un prix de vente au plus près de la réalité », souligne Marc Billand. Ainsi, par exemple, une personne qui restaure du mobilier doit prendre en compte, en plus du temps de travail, les coûts annexes comme la nécessité d’acheter du vernis, l’achat d’une ponceuse et autre matériel spécifique.

3ème conseil : “Benchmarker” son offre ou service par rapport à la concurrence

Le calcul du seuil de rentabilité est propre à chaque entrepreneur. Tout dépend de son marché et des objectifs qu’il souhaite atteindre. Cependant, il serait intéressant de “benchmarker” les offres et services de son entreprise, c’est-à-dire de voir comment l’entrepreneur se situe par rapport à ses concurrents. C’est un indicateur supplémentaire qui va permettre ou pas de valider le calcul de son seuil de rentabilité. « Il doit savoir s’il est trop cher ou en deçà du marché. C’est une façon aussi de mesurer si son modèle économique est viable et tient la route », conclut le consultant.

Source : Les Echos Entrepreneurs

– 13/05/15 –

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