financer son entreprise

Financer son entreprise

Pour démarrer, développer ou encore optimiser votre entreprise, il existe plusieurs façons d’y parvenir. J’ai jugé utile de vous partager les possibilités de financement les plus courantes avec des exemples à l’appui.
Les organismes financiers pouvant vous aider

Comme premières démarches, surtout si vous ne savez pas par où commencer pour votre recherche de financement. Vous pouvez faire appel à des organismes comme Futurpreneur Canada1, SAJE2, CDR3, CDEC4, SDE5, etc. Situés près de chez vous ou encore consulter un conseiller de votre institution financière qui connait bien votre dossier. Auquel vous faites confiance. Selon le type d’entreprise que vous possédez, ils seront en mesure de bien vous diriger.

Avant d’adresser votre demande, vous devez bien vous préparer pour démontrer la viabilité de votre projet.

Aussi avoir en main un plan d’action clair pour sa réalisation. Antoine Hébert et Jean-François Nadeau, cofondateurs  de Mail Squad, ont choisi de faire appel à de tels organismes.  « Nous avons obtenu une subvention de 5 000 $ de la SDE de Lévis dans le cadre du Fonds Jeunes Promoteurs ainsi que des prêts de 15 000 $ de Futurpreneur Canada et 15 000 $ de la BDC. » Antoine Hébert.

Le capital de proximité (« love money »)

Si lors de rencontres avec vos proches, parents, amis, voisins, etc., vous abordez souvent le sujet de votre projet, il est possible qu’ils manifestent de l’intérêt à s’y impliquer financièrement. En acceptant une telle proposition de leur part, il est de votre devoir d’établir une entente claire entre les parties afin d’éviter éventuellement des problèmes. Vous pouvez prévoir, par exemple, un remboursement d’actions à long terme et faire en sorte que des dividendes soient versés annuellement.

Guillaume Leroux, copropriétaire du Val Caudalies, vignoble et cidrerie, a choisi cette option.

En 2004, l’acquisition d’une terre agricole était nécessaire pour démarrer son projet avec ses deux amis de longue date. Leurs familles respectives ont cru en eux et ont investi dans l’entreprise en achetant des actions de financement (action rachetable, sans droit de vote, avec dividende).  « Cela nous a permis d’avoir un cash down pour l’achat de la propriété. Le reste a été financé par Financement agricole Canada. Aussi, une partie du « love money » de départ a servi de fonds de roulement pour les premières années, car dans ce type d’entreprise il faut être patient avant de récolter les premiers revenus (la vigne exige trois ans avant de produire sa première production). »

Les investisseurs providentiels (« anges financiers » et les fonds de capitaux-risque (« venture capital »)

Si vous êtes en démarrage d’entreprise et que vous souhaitez obtenir un financement pour profiter de l’aide d’entrepreneurs d’expérience qui peuvent vous accompagner dans la gestion et le développement de votre projet, un investisseur providentiel peut s’avérer une option intéressante. Stéphane Turcot, directeur Marketing, Ventes et Partenariats chez Automantra, a choisi ce mode de financement. Il le connaissait bien pour avoir déjà fait affaire avec des investisseurs providentiels dans le cadre d’un autre projet et connaissait bien l’approche à adopter pour captiver leur attention.  « Le financier que je suis allé voir détenait déjà plusieurs concessions automobiles. […] La négociation est plus ardue parce que les importantes sommes mises au début d’un projet valent parfois 100 % de la liquidité. Il faut être un excellent vendeur pour garder un % adéquat dans notre projet. »

Si vous avez, par contre, déjà obtenu du financement provenant d’investisseurs providentiels et que vous présentez un potentiel de croissance intéressant, avoir recours à des capitaux additionnels pour soutenir cet essor peut vous aider. Albert Dang-Vu, président de Crowdbase et de Mirego, explique qu’il a obtenu du financement auprès d’investisseurs providentiels pour Mirego, et ce, même si ce n’était pas nécessaire. Cela lui a permis, entre autres, d’accélérer l’évolution de son projet et de se concentrer à bâtir son entreprise et non à se demander s’il aurait une paie toutes les deux semaines. Pour ce qui est de Crowdbase, puisqu’il s’agit d’un projet ambitieux, Albert Dang-Vu mentionne que ce projet devait être réalisé avec des fonds de capitaux-risque. « Mettre des fonds nous-mêmes, c’était trop risqué étant donné que nous avions déjà beaucoup investi au départ. Pour nous, il est clair que devenir un leader est plus important que la profitabilité. »

Le sociofinancement (« crowdfunding »)

Demander de l’aide  à votre communauté sur le Web peut être une approche intéressante pour obtenir du financement si vous manquez de fonds ou que vous n’en avez pas assez pour convaincre les banques et les divers organismes à vous prêter de l’argent. Cette approche représente aussi une excellente façon de vous faire connaître. Plusieurs sites, comme La RucheKickstarterIndiegogoFundo offrent des plateformes de financement participatif. Mais pour réussir, vous devez démontrer le sérieux de votre projet et de votre démarche et garder un engouement tout au long de votre campagne. Charles Pépin et Élise Bellerose, de Antidote Superalimentation – Comptoir Vegan, ont opté pour cette démarche. Ils ont réussi à obtenir 40 000 $ en seulement 45 jours. Ils ont même dépassé leur objectif de 5000$. « Nous avons lancé plusieurs concours en invitant les internautes à les partager. Nous avons ainsi réussi à relancer l’engouement pour la campagne. Pour la dernière semaine, nous avons lancé un vidéoclip humoristique. Nous étions déguisés en stars du rock des années 80, sous le thème musical The Final Countdown. Le clip a été partagé des centaines de fois et nous avons atteint notre objectif trois jours avant la fin de la campagne. » Charles Pépin.

Le financement pour des besoins plus précis

S’il s’agit de financer l’achat ou l’amélioration de vos installations, je vous conseille de communiquer avec le directeur de compte de votre institution financière, lequel sera en mesure de bien vous guider. Il vous invitera peut-être à contacter des organisations plus spécialisées, comme Énergir qui offre plusieurs subventions pour changer ou améliorer votre système de chauffage. Bien sûr, vous pouvez également consulter le site du Gouvernement du Canada pour noter les différentes possibilités de financement.

L’autofinancement (« bootstrapping »)

Pour valider une idée ou saisir des opportunités d’affaires, utilisez votre créativité pour faire plus avec moins. C’est cette approche qu’ont choisie les associés de Budge Studios. « Avant  le démarrage de Budge Studios, on  a autofinancé notre premier projet, un jeu innovateur pour enfant distribué sur le Apple App Store. On a recruté un programmeur et un artiste et on s’est occupé de la mise en marché.  Le risque était grand pour nous, mais nous avons eu un gros succès avec ce projet.  C’est seulement à ce moment-là qu’on a commencé à discuter de s’investir à 100 % à la création d’une entreprise. » Noémie Dupuy, cofondatrice et directrice du développement d’affaires, Budge Studios.

À vous la parole maintenant : J’aimerais connaître le mode de financement auquel vous avez eu recours pour le démarrage de votre entreprise ou son avancement.

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1. Futurpreneur

Futurpreneur Canada alimente les passions entrepreneuriales de la jeune entreprise depuis près de vingt ans. Il est le seul organisme national sans but lucratif à offrir du financement, du mentorat et des outils de soutien aux jeunes et nouveaux propriétaires d’entreprise de 18 à 39 ans.

2. SAJE

Le SAJE a pour mission de contribuer à la réussite en affaires des nouveaux entrepreneurs, en leur offrant des services-conseils, du coaching et de la formation.

3. CDR

Les coopératives de développement régional du Québec demeurent la référence en création, développement et représentation d’entreprises coopératives afin de contribuer au développement durable sur l’ensemble du territoire québécois.

4. CDEC

Les CDEC du Québec favorisent une approche de développement économique communautaire qui se veut globale, intégrée, basée sur la concertation, la mobilisation et la participation de l’ensemble des acteurs de la collectivité. Elle pose le grand défi de s’adresser à toutes les facettes de la vie individuelle et collective, privée et institutionnelle.

5. SDE

Les SDE sont des organismes voués au développement de l’économie locale et de l’emploi. Leur mission est de susciter le développement économique et la création d’emplois par l’expansion, l’implantation et la consolidation d’entreprises dont le rayonnement est susceptible de déborder de la région, en intervenant directement auprès de celles-ci et en favorisant des conditions propices à leur développement, dans le respect du milieu de vie des citoyens.

@KimAuclair

Source : Energir
– 20 février 2015 –

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