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Les femmes moins entrepreneures ?

Savoir-être, clichés, attitudes sociétales et croyances sociétales au cœur du sujet ! Changeons les lignes, être accompagnée est primordial.

30% des créations d’entreprises sont le fait de femmes

Oup’s ! Seul un tiers des entreprises créées en France (auto-entreprises et sociétés confondues) l’ont été par des femmes. Ce taux est certes en constante augmentation passant de 26% en 2002, à 32% en 2010. Cool, mais… ce taux reste faible, pourquoi ?

C’est l’objet d’une étude publiée récemment par l’APCE analysant les raisons qui expliqueraient le peu d’attrait que peuvent avoir les femmes pour l’entrepreneuriat. Raisons, vues, lues, et re-relues maintes et maintes fois. Solutions qui ne traitent pas le fond de la question mais juste les conséquences, solutions court-termistes, faciles, clichées. Voyons cela ensemble.

Vraiment ?

Si on poussait un peu plus l’analyse ? Quelles sont les causes profondes de ces «raisons » avancées par l’étude ? Ne serait-ce pas dû à l’éducation différenciée, qu’on le veuille ou non, entre garçons et filles ? Ne serait-ce pas dû au sexisme ordinaire qu’on retrouve depuis la tendre enfance dans les rayons de jouets, et tout au long de la vie avec les publicités, la sous-représentation d’experts et de femmes entrepreneures dans les medias et j’en passe. Comment voulez-vous avoir des femmes entrepreneures, si le modèle de la femme entrepreneure n’est pas suffisamment visible, ne fait pas partie de la norme mais de l’exception ?

Augmenter le taux de femmes entrepreneures, c’est briser les préjugées sexistes latents, c’est repenser la société dans ce qu’elle a de plus fondamental à savoir l’éducation et les valeurs communes de parité.

De l’entrepreneuriat au féminin à l’entrepreneuriat pour tous

Pour améliorer le taux d’entrepreneures, véritable enjeu économique et social, le gouvernement se donne un objectif chiffré : augmenter de 10 points le taux de femmes créatrices d’entreprises d’ici à 2017 pour atteindre les 40%. Honorable mais insuffisant.

Je rêve d’une société où, après l’école pour tous, viendrait l’ère de l’entrepreneuriat pour tous, où entreprendre ne serait pas un fait tellement exceptionnel qu’il conviendrait de lui coller un adjectif : « féminin ».

Depuis 2013, le gouvernement a lancé le plan d’action national « entreprendre au féminin, des opportunités pour elles, une clé pour la compétitivité et l’emploi. » Ce plan s’articule autour de trois grandes thématiques :

  • Sensibiliser et informer
  • Renforcer l’accompagnement
  • Faciliter l’accès au financement

Comme si, le problème venait essentiellement des femmes qui fuient l’entrepreneuriat. Et si, on sensibilisait les hommes à l’éventualité qu’une femme puisse entreprendre aussi bien voire mieux qu’un homme ? Si on sensibilisait les parents à l’importance de l’éducation, de l’éveil, de la curiosité des filles comme des garçons et de l’intégration de l’échec dans le processus d’apprentissage comme l’une des étapes essentielles pour bien assimiler ? Et si on sensibilisait l’école sur son rôle dans la construction de futures entrepreneures et entrepreneurs, qui envisageraient l’entrepreneuriat comme une des voix professionnelles tout à fait accessibles ? Si on sensibilisait le gouvernement à mener des réformes plus courageuses dans le combat contre le sexisme ordinaire ? Et si on menait tous ces combats en même temps ?

Source : Startup Story
– 1 février 2015 –

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