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Women For Future : Les femmes actrices de la relance économique

Women For Future : Les femmes actrices de la relance économique

Samuel Cette (président de la CPME Occitanie), Goretty Ferreira (fondatrice et dirigeante de L’Agence pour l’Entreprenariat Féminin), Nadia Pellefigue (vice-présidente de la Région Occitanie en charge du développement économique), Vanessa Chapelle (directrice du Centre Affaires Sud Innovation de la Banque Populaire du Sud), rassemblés pour une table ronde des Women for Future 2021, animée par Sophie Iborra. (Crédits : Eric Durand)

Le 14 juin à Montpellier, la 4e édition du cycle de conférences Women for Future de La Tribune, s’est interrogée sur la place particulière des femmes pour booster la relance économique et sur les enjeux de l’entrepreneuriat au féminin, alors que les femmes restent majoritairement à la tête d’entreprises individuelles. Faut-il accompagner spécifiquement les femmes pour leur permettre de faire évoluer leurs entreprises et générer croissance et emplois ? Comment s’y prendre ?

Mettre en place un accompagnement spécifique pour les entrepreneuses est-il bénéfique, ou cela entretient-il l’idée d’une moindre compétence des femmes ? Cette interrogation a accompagné en filigrane tous les débats de cette table-ronde qui s’est tenue le 14 juin à Montpellier dans le cadre de l’événement Les Women for Future, organisé par La Tribune.

Pour Goretty Ferreira, fondatrice de l’Agence pour l’Entreprenariat Féminin, la réponse à cette question est très claire : « Oui, il faut accompagner spécifiquement les femmes, et non cela ne les dévalorise pas, au contraire, un bon accompagnement peut les amener vers la réussite ».

Mais pour l’experte en égalité professionnelle et en émancipation économique, cet accompagnement ne doit pas se limiter aux problématiques liées au business et à la structuration d’une entreprise, mais plutôt se focaliser sur certaines injonctions et fausses croyances qui limitent les femmes dans leur réussite.

« Il faut répondre aux clichés construits par la société, souvent les femmes n’osent pas prendre la parole en public, se rendre visibles et adopter une attitude de leader, ajoute-t-elle ainsi. Ce sont des postures héritées d’une éducation, d’injonctions et de croyances limitantes dont sont victimes les femmes. »

Résultat : 80% des entrepreneuses seraient à la tête de très petites entreprises, ne parvenant pas à se dégager un salaire décent et à créer de l’emploi. Par ailleurs, les femmes ont aussi du mal à se sortir de cette situation et à faire grandir leur entreprise, car les partenaires financiers auraient tendance à faire plus confiance aux hommes.

Des banques sexistes ?

 « 87% des fonds de financements attribués aux startups vont vers des équipes masculines. Et 90% des fonds levés en 2020 ont été attribués à des startups 100% masculines, alors les banques sont-elles sexistes ? », s’interroge ainsi Sophie Iborra, directrice des relations institutionnelles à La Tribune et animatrice du débat.

Vanessa Chapelle, directrice Centre Affaires Sud Innovation à la Banque Populaire du Sud, répond que « plus de 20% de nos clients sont des entreprises dirigées par des femmes ou des équipes mixtes, c’est un peu au-dessus de la moyenne nationale dans le secteur du numérique ».

La spécialiste financière donne aussi des conseils pour permettre aux femmes de maximiser leurs chances d’obtenir un financement auprès d’un banquier : « Il faut présenter ses valeurs et son parcours de vie, au-delà des chiffres, car un banquier aime connaître son client. Bien s’entourer est aussi fondamental, un projet bien accompagné par des structures spécialisées inspire la confiance ».

30% de femmes entrepreneurs en Occitanie

Pour ces accompagnements, la Région Occitanie propose de nombreux outils d’aide à la création ou au développement, tout comme beaucoup d’autres territoires.

« En Occitanie, seulement 30% des entreprises sont dirigées par des femmes, détaille Nadia Pellefigue, vice-présidente de la Région, chargée du développement économique. Les outils d’accompagnement existent mais il y a encore des freins. Les hommes sont souvent meilleurs pour entretenir un réseau informel principalement parce qu’ils n’assument pas toute la charge mentale dans leur foyer. Les femmes doivent s’organiser en réseau et s’entraider. Considérer les autres femmes comme des alliées est un prérequis indispensable. »

Aux côtés des instances publiques, les territoires comptent déjà des réseaux organisés pour soutenir les entrepreneurs. La CPME d’Occitanie propose par exemple des programmes et ateliers pour les personnes voulant se lancer dans l’entrepreneuriat.

« Nous voulions faire entrer des outsiders dans ce monde de l’entreprise et nous avons eu beaucoup de demandes de femmes, indique Samuel Cette, président de lea CPME Occitanie et de la CPME 31. Cela nous a amené à créer le programme MIXHer dédié aux égalités professionnelles. Mais les entrepreneurs cherchent surtout à s’allier quel que soit leur genre, car beaucoup sont isolés à la tête de leur entreprise. »

Une réalité qui concerne tous les dirigeants d’Occitanie, où 95% des entreprises ont moins de dix salariés…

Réécoutez l’intégralité des échanges ici.

Source: LA TRIBUNE

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